Les opportunités sont encore nombreuses dans ce pays aux portes de l'Union européenne (sans régime de visa pour les citoyens de la zone Schengen) qui a rejoint le processus de Bologne depuis 2005.

Généralités
Avec une superficie totale de 603 550 km², l'Ukraine est le deuxième plus grand pays d'Europe après la Russie. L'Ukraine s'étend sur 1 316 kilomètres d'est en ouest et 893 kilomètres du nord au sud et partage ses frontières terrestres avec sept pays limitrophes : à l'ouest la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie ; au sud-ouest la Roumanie et la Moldavie ; à l'est et au nord-est la Russie ; au nord la Biélorussie.

Certains des très grands fleuves européens traversent l'Ukraine (Dniepr, Dniester) ou, pour le Danube, qui marque la frontière entre l'Ukraine et la Roumanie, à l'extrême sud-ouest, le longent.

Les plus grandes villes d'Ukraine sont Kiev (Kyiv; 2,8 millions d'hab.), Kharkiv (1,5 million), Dnipropetrovsk (1,2 million), Odessa (1,2 million), Donetsk (1,1 million), Lviv (0,8 million), Zaporijjya (0,7 million).
L'Ukraine est divisée en 24 régions (oblast), une république autonome en Crimée, et deux municipalités avec un statut juridique particulier, Kiev et Sébastopol.

L'Ukraine est partie prenante de deux instruments importants de l'Union européenne : l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) et l'initiative « synergie mer noire ». Elle a rejoint le processus de Bologne et est également bénéficiaire du 7ème programme cadre pour la recherche et le développement.

Situation économique
Après plusieurs années de très forte croissance (entre 5 et 10% par an depuis la Révolution orange), stimulée à la fois par l'investissement et la production industrielle (chimie et métallurgie notamment) ainsi que par une consommation intérieure dynamique du fait de la hausse des revenus, la crise financière de l'automne 2008 a frappé de plein fouet l'économie ukrainienne sous l'effet conjugué du ralentissement de l'activité économique, du tarissement des financements étrangers et de la crise de la demande mondiale d'acier. En 2009, le Produit intérieur brut a chuté de près de 15%! Depuis 2011, l'Ukraine a renoué avec des rythmes de croissance positifs.

Le potentiel de développement économique de l'Ukraine demeure important dans des domaines aussi divers que l'agro-alimentaire (terres noires), dans celui de l'extraction minières et de la sidérurugie (8ème rang pour la production d'acier, leader mondial dans les ressources minérales non-metalliques), du génie civil aéronautique ou de la production de machines et équipements mécaniques et électroniques, de la production chimique.

Pour plus d'informations sur la situation économique générale de l'Ukraine, n'hésitez pas à consulter le site du service économique de l'Ambassade de France: http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/ukraine

L'enseignement supérieur en Ukraine
En Ukraine, l'enseignement supérieur relève, à quelques exceptions prêtes (Université Chevtchenko et Polytechnique de Kiev relevant du gouvernement, quelques Universités spécialisées relevant des ministères des Transports, de l'Intérieur ou de la justice), du ministère de l'Éducation et de la science, de la jeunesse et des sports.

On compte pas moins de 351 établissements d'enseignement supérieur de niveaux 3 et 4 (dispensant des formations jusqu'au niveau Master et Doctorat) qui se répartissent en universités (171), académies (57) et instituts (123).

Parmi ces établissements, 224 sont gérés par l'État dont 82 ont le statut de « national » correspondant au plus haut niveau d'accréditation.

Le nombre d'étudiants s'établissait, en 2007, à 2,8 millions d'étudiants (source : UNESCO) pour population totale de 46 millions d'habitants ce qui place l'Ukraine à la 2ème place dans le monde selon le coefficient éducatif (0,92) après le Japon (0,93). Parmi ces 2,8 millions d'étudiants, 1,02 millions sur le quota des places financées par l'Etat (exonérés frais de scolarité) et 700 000 boursiers (au mérite). Ce nombre considérable d'étudiants s'explique à la fois par la place accordée en Ukraine aux diplômes (le diplôme compte parfois plus que la compétence acquise...), mais également par l'important développement du système d'études à distance et de cours du soir (près de la moitié de la population étudiante).

L'Ukraine et le processus de Bologne
L'Ukraine a rejoint, en 2005, le processus de Sorbonne / Bologne. Les établissements évoluent progressivement vers un découpage en 3 niveaux. Toutefois, certaines survivances de l'ancien système subsistent avec un premier cycle en 4 ans (Bakalavr ou Bachelor) et un second cycle où coexistent des filières de Spécialiste (proche d'un Master professionnel en 1 an après le Bakalavr) et de Magistr (plus proche du Master et d'une durée de 1,5 à 2 ans après le Bakalavr).

Le pays compte environ 96 000 universitaires et 78 800 chercheurs de haut niveau pour une population de 46 millions d'habitants. L'Ukraine occupait la 5ème place pour le nombre de brevets d'invention enregistrés en 2007, d'après le rapport annuel Education de la banque mondiale.

L'admission à l'Université
Les modalités pratiques d'admission évoluent encore d'une année sur l'autre et sont un des points discutés dans le projet de loi sur l'enseignement supérieur en cours d'elaboration.
Depuis 2009, un test unique d'admission à l'Université a été généralisé à toutes les disciplines et à toutes les établissements ukrainiens. Les candidats doivent passer 3 matières: 1 – obligatoire ("langue et litterature ukrainiennes"), le choix des deux autres matières dépend du choix de spécialisation(s) de l'étudiant, le Ministère établissant pour chaque spécialisation une ou deux matières obligatoires avec, parfois, le choix entre deux disciplines.
Chacune des épreuves est notée sur 200 points et un minimum de 124 points de moyenne dans les disciplines requises par la specialité demandée est exigé pour pouvoir postuler à l'Universite (mais certains établissements peuvent exiger un score plus élevé).
Les épreuves consistent à la fois en des questions/réponses, des QCM et des épreuves rédactionnelles (type essai).

Pour la campagne 2012-2013, les modalités d'admission arrêtées sont les suivantes.

L'admission dans le supérieur est organisée sous la forme d'un concours qui prend en compte les elements suivants :
- la moyenne obtenue a l'attestation de fin d'etudes secondaires (sur 200);
- les resultats obtenus au test unique (sur 600) (cf. ci-dessus);
- les bonus éventuels obtenus par l'etudiant a l'occasion d'olympiades ou de concours (jusque 50 points) ou pour avoir suivi des cours preparatoires dans un etablissement (jusque 20 points valables seulement pour le seul etablissement ou ont ete suivis ces cours).
Dans certaines specialisations (art, architecture, education physique, journalisme), les tests sont completes par un travail dit de creation (obligatoire).
Chaque candidat peut postuler dans 5 etablissements au plus et pour 3 specialites au plus dans chacun d'entre eux.

Les réformes en cours (et en discussion)
Le Ministère prépare, depuis le printemps 2010, un important projet de loi sur l'enseignement supérieur (censé remplacer la loi en vigueur du 17 janvier 2002). Celui-ci a déjà connu plusieurs variantes et ne semble pas, à la différence d'autres projets de loi adoptés de manière expéditive sous la pression de l'exécutif, devoir déboucher rapidement. L'ambition annoncée de ce projet de loi (dans sa variante discutée à la Commission de conciliation de la Rada en février 2011) est double 1) réformer le système d'enseignement supérieur « conformément aux exigences d'une économie socialement orientée » 2) l'adapter aux exigences de l'espace européen de l'enseignement supérieur, l'Ukraine étant rejoint le processus de Sorbonne-Bologne en mai 2005.

Les différentes versions du projet de loi du Ministère ont été assez largement contestées y compris au sein du parti majoritaire; des mobilisations étudiantes ont été organisées au moment de la discussion du projet au Parlement. Certaines universités, tout particulièrement l'Académie Mohyla, se sentant mises en danger ont également très vivement réagi alertant par une lettre ouverte les représentations étrangères pour les sensibiliser et faisant circuler des pétitions. Craignant, semble-t-il, que la contestation ne s'amplifie et après deux tentatives infructueuses (décembre 2010 et décembre 2011) au Parlement, le Premier Ministre Mykola Azarov a confié au mois de février 2012 au Recteur de l'Université polytechnique de Kiev de coordonner la préparation d'un projet de loi qui ferait consensus dans les milieux universitaires et étudiants. Un projet a été présenté qui a été en partie contesté par le Ministère. La situation pré-électorale, les élections devant se tenir au mois d'octobre prochain, ne semble guère propice à une adoption du projet de loi.

La mobilité étudiante vers la France
Le nombre de visas longue durée pour études en France a quasi quadruplé en 10 ans, passant d'une centaine de visas (études long séjour) par an, à la fin des années 1990, à plus de 100 aujourd'hui. Les aspirations des étudiants ukrainiens sont variées et couvrent l'ensemble des disciplines : commerce ou gestion, sciences exactes (physique et chimie notamment), art et design, français, sciences humaines et sociales, sciences juridiques, architecture, sciences de l'ingénieur...

Focus sur Kiev
Kiev, capitale de l'Ukraine, est avec près de 2,8 millions d'habitants, la plus grande ville du pays, c'est aussi celle qui compte le plus grand nombre d'étudiants et d'établissements d'enseignement supérieur, parmi lesquels certains des plus prestigieux du pays (Université Chevtchenko, Institut polytechnique, Académie Mohyla, Université Bogomolets de médecine, Université Hetman d'économie, Université d'aviation...).

Focus sur Dnipropetrovsk
Avec 1,4 million d'habitants, la ville de Dnipropetrovsk est la troisième agglomération d'Ukraine dans une région qui est aussi la plus densément peuplée du pays après Kiev (3,7 millions d'habitants, 115 habitants au kilomètre carré) et la plus urbanisée (83,6 %). 

La région de Dnipropetrovsk est une région économiquement dynamique. C'est un centre industriel et financier important réputé pour son industrie de pointe, sa métallurgie, son machinisme. Elle est également avec Kharkiv et Kiev l'un des principaux centres de l'industrie aérospatiale ukrainienne.

C'est donc tout logiquement un centre universitaire et scientifique important qui compte 10 universités, 6 académies et 5 instituts dont les plus réputés sont : l’Université nationale Oles Gontchar de Dnipropetrovsk, l’Université nationale des mines, mais aussi l'Académie de génie civil et d'architecture qui propose des cursus complets de spécialité (architecture et génie civil) en français, suivis par plus de 300 étudiants, l’Université nationale des transports ferroviaires (partenaire d'un projet Tempus coordonné par le CNAM Pays de Loire sur l'interopérabilité des transports ferroviaires) et l’Académie nationale de métallurgie.

La ville abrite également une quantité importante d’organismes scientifiques parmi lesquels 12 instituts de recherche (en géotechnique, mécanique, métallurgie, systèmes de transport, développement durable, écologie) et 169 laboratoires de recherche.

Ville « fermée » pendant la période soviétique (en raison notamment de son activité de conception et de production de missiles), Dnipropetrovsk est aujourd'hui extrêmement ouverte sur l'extérieur et ses établissements participent à de nombreux projets internationaux (Tempus, Erasmus-Mundus, PHC Dnipro).

L'Alliance française de Dnipropetrovsk, créée en 1992, compte aujourd'hui plus de 700 apprenants de français ce qui en fait, avec l'Alliance française d'Odessa, la plus importante d'Ukraine (sur les 10 existantes). Elle accueille dans ses locaux CampusFrance et chaque année, elle reçoit et oriente ainsi plus d'une centaine d'étudiants désireux de poursuivre leur formation en France.

Dnipropetrovsk, c'est enfin la ville de Léonid Brejnev (1er secrétaire puis Secrétaire général du parti communiste d'URSS de 1964 à 1982), de Léonid Koutchma (deuxième Président d'Ukraine) et de Ioulia Tymochenko (premier ministre en 2005 à la suite de la révolution orange, puis de 2007 à 2010).